BIENVENUE SUR LE BLOG DE LA FA VERCORS

dimanche 25 mai 2008

MANIFESTATION DU 22 MAI A GRENOBLE & Nous, on veut vivre



ENCORE ET TOUJOURS PLUS DE RÉPRESSION

LES FEMMES ET LES ENFANTS D’ABORD

PLACE VERDUN ET AILLEURS

GAZES A MORT

Ils étaient 8000 selon la police, 20 à 30 000 selon les syndicats à finir la manif au Parc Mistral, voie de garage, saucisses, merguez cgètes à l’odeur alléchée…
Nous étions quelques uns venus du Vercors, drapeau noir et le cœur solidaire aux jeunes lycéens. Pendant que sur la place Verdun se terminait la manif devant la Préfecture comme d’ab…les lycéens avec une longueur d’avance étaient déjà confrontés à la violence policière.
Avec les syndicats SUD /SOLIDAIRES et CNT nous les avons rejoints beaucoup plus tard, car nous étions en fin de cortège. « Tous ensemble l’union fait la force » sans compter les picque-niqueurs du dimanche… et la lâcheté des grands syndicats.
« Les fauteurs de trouble, les anarchistes, les voyous, les casseurs » ainsi que les gentils lycéens, les professeurs, les petits syndicats, les Mères de la place Verdun furent évacués par une mitraille de bombes lacrymo, trop de stock, il fallait les balancer.. Et comme d’ab, la révolte et l’inacceptable continuèrent et marchèrent en ville un peu plus loin sans le moindre soutien des bedeaux en manque de sécurité.

Mouvement lycéen printemps 2008 - Grenoble

Nous, on veut vivre

Jeudi 15 Mai 2008, Grenoble : le centre-ville est le théâtre de plusieurs heures d’affrontements entre quelques milliers de manifestants et les forces de l’ordre. Manifestations sauvages à répétition, lancer de canettes, de pommes pourries, ou de caillasses d’un côté, contre flashballs et grenades lacrymogènes à outrance (plus de 250 tirées dans la journée) de l’autre. L’énergie, l’entêtement et l’endurance des manifestants ont marqué les esprits et notamment ceux des tenants de l’ordre établi, qu’ils soient policiers, journalistes ou syndicalistes. Et de s’indigner plus ou moins ouvertement contre "ces pratiques qui ne mènent à rien", cette "routine des affrontements", de stigmatiser des "militants anarcho-libertaires manipulateurs". Avec, au bout, toujours les même questions : "mais pourquoi vous faites ça ? " ; "qu’est-ce que vous voulez ?". Ce qu’on veut ?

Nous, on veut pas finir policier.

Lors de la dernière manif’ lycéenne, Jean-Claude Borel-Garin, directeur départemental de la sécurité publique et commissaire central de Grenoble, a fait la morale aux manifestants pour leur expliquer comment réaliser une manif’ "réussie". C’est normal, il s’y connaît : c’est un homme qui a tout "réussi". Ancien numéro 2 du Raid, il vient d’être nommé "contrôleur général", un des plus hauts grades de la Police. Ayant grandi dans la cité ouvrière et populaire de Jean Macé, parmi les pauvres ; il est maintenant bien installé parmi les dominants, habitant une maison chic dans les hauteurs embourgeoisées de Corenc. On comprend donc tout l’intérêt qu’il a à ce que les manifs soient "réussies", c’est-à-dire inoffensives pour les dominants. Sans doute un modèle pour Amin Boutaghane, directeur des Renseignements Généraux de l’Isère et chevalier de la Légion d’honneur, ou Dorothée Celard, 26 ans et Commissaire-adjoint de sécurité-proximité de Grenoble à la tête de 400 policiers. Ces différents exemples de "réussite" nous font vomir. Une vie passée à la défense de l’ordre établi, de l’Etat et des dominants. Une vie à ficher, interpeller, réprimer les pauvres, les fouilles-merdes, les pas normaux, les engagées, les enragés. Merci, très peu pour nous. Nous, on ne veut ni de piscine à Meylan, ni de Légion d’honneur, ni de salaires mirobolants. Nous ne cherchons pas à avoir une vie "réussie" mais à réfléchir à comment la vie pourrait valoir le coup d’être vécue.

Nous, on veut pas finir au Daubé (ni à Libé).

Le Daubé, qui ajoute ses notes au concert médiatique nauséabond sur les "évènements" de mai 68, mais qui dénigre la page d’après les manifestations de colère actuelles. Le Daubé qui ne manque jamais d’enthousiasme et d’entrain pour relater telle inauguration, tel match de rugby, tel débat chiant à mourir. Mais qui à propos des manifestations sauvages parle, avec dédain, de "routine". Non, ce n’est pas ça la routine. La routine, c’est le travail quotidien des Denis Masliah ou Vanessa Laime, "journalistes" au Daubé en faits divers. Être obligé de se torturer l’esprit pour trouver quelques traits d’humour afin d’agrémenter les informations brutes - jamais vérifiées - de la Police ; voilà bien un triste métier. On comprend dès lors qu’ils méprisent celles et ceux qui tentent de sortir d’une routine, de vivre intensément. La routine, c’est aussi "Grenews", dernier rejeton du Daubé, qui court après les "jeunes qui bougent" qu’ils soient footeux, artistes ou contestataires pour tenter de grapiller de nouveaux lecteurs et ainsi satisfaire les publicitaires. Vendre du temps de cerveau disponible à Ikea, Renault, ou au Summum, voilà toute l’ambition politique du Daubé. La routine, c’est l’inverse de ce que devrait faire des journalistes. Un travail d’enquêtes et d’investigations pétri d’esprit critique bien loin de la production de lèche-cul-des-autorités du Daubé. Nous, on a soif de véritables informations. On veut comprendre le monde dans lequel on vit. Pas celui des élites, le vrai.

Nous, on veut pas finir à la CGT.

Quelle tristesse que le spectacle de ces cortèges mous, transpirant la certitude d’être en train de tout perdre. Quelle désolation que de s’apercevoir que les intérêts du pouvoir et des responsables syndicaux sont liés ; et qu’ils s’entendent très bien pour ne pas faire déborder les luttes des cadres établis, pour qu’elles ne remettent pas trop en cause le système. Quelle consternation que de voir les ex-responsables syndicaux lycéens ou étudiants rejoindre les structures du pouvoir (par exemple, au niveau local, Laure Masson et Hélène Vincent, anciennes responsables de l’Unef, aujourd’hui adjointes au maire de Grenoble). Nous, on veut pas, dans 20 ans, se retrouver à défiler pour s’indigner contre le passage à 53 années et demi de cotisations, puis remballer nos autocollants et banderoles deux manifs plus tard, après que nos dirigeants aient obtenu des "garanties" du gouvernement. Nous, si l’on sort dans la rue, c’est parce que l’on étouffe dans les règles et normes de cette société ; et qu’on veut la changer, ici et maintenant. "Discours, merguez et traditions. Elle est pour quand, la révolution ?" N’en déplaise à ceux qui aimeraient bien nous catégoriser ("jeunes radicaux", "révolutionnaires", "anarcho- libertaires", "ultra-gauchistes", "casseurs", "adolescents attardés", "totos"....), nous ne rentrons pas dans des cases. Différents, multiples, non réductibles à une appellation, nous sommes unis par le refus de la fatalité et la volonté d’essayer d’ouvrir des possibles, loin des trottoirs battus. Pas naïfs pour autant, nous sommes bien conscients que coincés entre la BAC et le Bac, ce mouvement-ci va peut-être mourir petit-à-petit. Mais ce sera pour mieux revenir plus tard. "Back dans les bacs". Avec toujours la même volonté de relancer l’économiste le plus loin possible et de libérer nos vies du culte du fric, de la marchandise, et de la nouvelle-réalité—mondiale-à-laquelle-il-faut-s’adapter. Avec toujours la même volonté de résister avant que les dernières "innovations" technologiques (vidéosurveillance, biométrie, puces implantables sous la peau, drones...) rendent suicidaires toute opposition au pouvoir.

Nous on a des rêves

De grèves sans trêves où l’on trouve du groove D’instants intenses dépassant les interdits installés Face à la morne mélancolie, on veut remplir nos vies de poésie Même dans les tracts et pouvoir aux bas mots Casser la barack, comme Obama. Nous avons toute la vie pour ne pas nous contenter de notre sort Nous aurons toute la mort pour ne pas avoir de remords Nous, on veut vivre.

Premiers signataires : Association "Place de Verdun : J’y suis, j’y reste" ; groupe "La Rue Kinousappartient" ; A l’Attac 38 ; Solidarité Bande de Gazage ; Union "Touche pas à ma rue" ; Comité pour un gazage sans OGM ; mouvement "Guerre sociale et amour fou" ; comité "Passe sur la BAC d’abord" ; club "GF 38" (Gaz vs Fumigènes 38) ; Michel et Olivier (Derniers Poilus de la Bataille de Verdun) ; parti NPA (Noix et Pommes Avariées), Michael Scofield de Prison Break, union syndicale CRS (Citron, Rage et Sérum phy) ; groupe-Facebook "Salut, ça gaze ?", collectif unitaire "Un jour, j’irai au Rectorat avec toi..." ; Ligue des Droits des Pommes, Association "Arrêté, crie ton nom" (ACTN), Réseau FTC (Fous Ta Cagoule), FIDL Gastro, Front de Libération des Rues, fan-club de Magali Coppere...

http://www.graner.net/francois/affiches/vivants_dabord.jpg

dimanche 18 mai 2008

LETTRE OUVERTE AUX MAITRES DU MONDE


Perama dite Porte de la Prison

Lettre ouverte aux maîtres du Monde (2) (Le Monde libertaire du 8 au 14 mai 2008)

Votre capitalisme (privé ou d’Etat) a, aujourd’hui, atteint ses limites physiques et embrasse, désormais, l’absurde et le suicide à bouche que veux-tu. Et, comme nous, vous allez y avoir droit. Mais il est clair que votre mort sera mouvementée. Lors de l’agonie finale et générale, les pauvres, sachez le, vont venir brûler vos châteaux. Ils vous feront connaître les pires supplices qui soient. Et ils mettront vos têtes et celles de votre progéniture en haut de leurs piques. Les manants du désespoir, c’est rarement « civilisé ».

Alors, pour vous, comme pour vos proches, ne perdez pas un instant. Donnez-nous le pouvoir -tous les pouvoirs- et tout de suite !

Avouez vos crimes. Repentez-vous. Dites votre incompétence. Votre fatuité. Votre arrogance. Pleurez. Implorez. Et priez pour qu’il ne soit pas trop tard !

Une fois que vous nous aurez remis les clefs, nous arrêterons tout. Le capitalisme. Le pillage des biens communs. Le productivisme pour le productivisme. La croissance pour la croissance. La financiarisation de l’économie. Les dépenses militaires. Les subventions aux patrons et aux curés. L’exploitation et l’oppression des êtres humains. Et nous mettrons en branle un monde nouveau. Une seule république. Le monde. Tous les humains égaux. Plus de frontière. On partage tout et on gère tout, ensemble. On en revient à l’essentiel. Se nourrir. Se vêtir. Se loger. Se cultiver. Tous et toutes. Sans exceptions. Et intelligemment. Sans détruire les conditions de la vie sur la planète. Et tout cela dans la liberté. Sans police politique. Les yeux dans les yeux. Avec le peuple pour seul juge et seul maître de son destin.

Est-il besoin de le préciser, il serait stupide et dangereux pour vous de chipoter sur ceci ou sur cela. Et, surtout, de donner le pouvoir aux écolos, aux socialistes, aux communistes, au petit facteur, à mamie Laguiller, aux synthésistes (entre Marx et Bakounine) d’AL, et même… aux anarchistes ! Ces gens-là seraient capables d’accepter le pouvoir que vous leur offririez ! et d’en faire le même usage que d’habitude !

Votre seule chance est, en fait, d’abandonner le pouvoir au peuple en espérant que comme jadis, il commence par ouvrir les prisons.

Sachez, mais ça n’est pas une assurance tous risques, nous autres anarchistes, nous nous emploierons, alors, à ce que vous ne soyez ni guillotinés ni emprisonnés à vie.

Mais on ne vous promet rien !

mercredi 14 mai 2008

LETTRE OUVERTE AUX MAITRES DU MONDE


Lettre ouverte aux maîtres du Monde (1) (Le Monde libertaire du 8 au 14 mai 2008)

C’est un fait, vous êtes, aujourd’hui, les maîtres du Monde !

Vous avez tous les pouvoirs. Celui de la force. Celui de l’argent. Celui du contrôle des populations. Celui de l’argent. Celui de la marchandisation, à votre profit, des choses et de a vie.

Ici, là et ailleurs, vous êtes les seigneurs et nous sommes vos serfs ! Et, pour la plupart d’entre nous, des serfs avec, dans la tête, la laisse de vos valeurs (loi du plus fort, individualisme, obsession du paraître, un estomac à la place du cœur…) Et vous avez même réussi à nous faire croire que si nous étions des serfs c’était de notre faute. Car, c’est sûr au royaume du capitalisme, tous les serfs ont leur chance (toute petite) pour devenir des capitalistes !

En un mot comme en cent vous nous avez niké sur toute la ligne !

Oh, bien sûr, ça a mis du temps. Spartacus vous a fait vaciller. Comme la révolte des Croquants. La Révolution de 1789. La Commune de Paris. Les mutineries de 14-18. La Révolution russe. Le Front populaire. La révolution libertaire espagnole de 1936. Mai 68. Le sous-commandant Marcos… Mais à chaque fois vous avez su y faire. Jadis, le bâton. Aujourd’hui, toujours le bâton, mais seulement après l’échec (rare) de la carotte. Et, donc, vous croyez que vous êtes tout, que vous avez tout et que vous contrôlez tout !

Et, pourtant, vous commencez à avoir peur !

A force de piller les biens communs que sont l’air, l’eau, les ressources naturelles (que votre cécité vous a fait croire éternelles et inépuisables), vous en êtes arrivés à détruire les conditions même de la vie sur la planète. C’est-à-dire à remettre en question les conditions de votre propre survie. Car, c’est incroyable, la fonte des pôles, le réchauffement climatique, le pourrissement de l’air et de l’eau, la fin des ressources naturelles ayant mis des millions d’années à se constituer, l’appauvrissement des sols, la désertification galopante, le cancer de l’urbanisation, les pauvres qui se reproduisent comme des lapins… ne vont pas épargner les riches !

Alors, à quoi bon des châteaux, des comptes en banque, des serfs… quand l’air et l’eau seront pourris, quand il n’y aura plus rien à bouffer que de la merde, quand l’argent ne permettra plus d’acheter ce qu’il n’y aura plus, quand le pouvoir, n’aura plus aucune matérialisation, quand les jacqueries seront de chaque jour, et quand vous et vos enfants allez, comme nous, crever la gueule ouverte ?

Dur, dur, que d’être les maîtres du monde d’un monde en train d’imploser, et donc, à court terme, les maîtres de rien, si ce n’est du cimetière que vous êtes en train de construire !

Jean-Marc Raynaud